Le colloque « Mythologies urbaines et migrations », organisé par le CRINI - Centre de Recherche sur les Identités Nationales et l'Interculturalité - aura lieu du 10 au 12 décembre 2015. La journée d'ouverture se fera en Censive et les journées des 11 et 12 décembre à la Faculté des langues et cultures étrangères (FLCE).

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La ville génère un ensemble de mythes artistiques et littéraires issus de son histoire et de son quotidien, de légendes et de récits oraux mêlant réalité et fiction. Création propre à l'homme, la ville se présente comme une construction réelle et imaginaire, à travers laquelle une communauté recherche sa cohésion et ses possibilités créatrices (correspondances, récits de vie, poésie, théâtre, cinéma...).

Cette approche permettra de recentrer la réflexion sur les concepts d'interculturalité et de transculturation et leurs dimensions créatives (Fernando Ortiz, 1940, Angel Rama, 1982, Mary Louise Pratt 1992, Julie F. Codell 2012, Joel Kuortti 2014) concernant notamment les aires américanistes (aires anglophone et hispanophone), anglicistes, germanistes, hispanistes, italianistes, et les comparatistes.

Le colloque « Mythologies urbaines et migrations » envisagera ces questions sous plusieurs angles, permettant notamment de remonter à la source des créations et de leur élaboration : géopolitiques culturelles (Adela Pineda, 2006), interactions littéraires et culturelles dues à des situations d'exil ou à des missions diplomatiques d'artistes réinventant à distance leur pays dans leurs oeuvres (Noel Riley Fitch, 1983, Timothy Hampton, 2009), depuis les réceptacles culturels qu'ont pu représenter certaines villes (Paris, New-York, Barcelone, Rome, Berlin...). Les interactions dans le contexte des exils et des migrations et la manière dont s'effectue la transition entre l'expérience vécue et les récits qui en rendent compte (correspondances, récits de vie, poésie, théâtre, cinéma...) permettront de s'interroger sur l'importance de la dimension créative dans l'écriture sur et à partir des villes.

Un autre volet de cette approche concerne la remise en question des formes génériques classiques (biographie, autobiographie, récits de vie et de témoignage...), par l'émergence de nouvelles formes d'écritures (la psychogéographie, la mythopoétique etc.), en lien avec la ville et les mutations urbaines. De nouveaux contextes traduisent en effet une instabilité croissante du sujet dans la narration, qui questionne les genres. Dans le contexte urbain de ces interactions (exils et migrations notamment), comment s'effectue cette transition entre l'expérience vécue et le récit ? Quels enjeux idéologiques soulèvent les récits de témoignage ? Que nous apprennent-ils sur la société dans laquelle vit le témoin et quels enjeux soulève l'utilisation de recours littéraires dans l'écriture testimoniale (Christiann Anderson, 2002, Gérard de Cortanze, 1997) ? De nouveaux champs de recherche apparaissent aussi dans le cadre de l'histoire des mentalités et des représentations : comment par exemple caractériser la barbarie dans le cadre d'une sémiotique de la culture ? Comment le mot « invention » se substitue-t-il aujourd'hui à celui de « représentations » (Michel Agier, 1999, Sylvain Venayre 2005). Ou encore comment la sensibilité devient-elle un objet pour la recherche (Javier Pérez Siller) ?


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