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Avant-propos

Au sommaire de l’e-crini n°10, le lecteur trouvera les articles présentés à l’occasion de la Journée d’études organisée le 15 décembre 2016 par Enrica Bracchi et Dominique Garreau. Intitulée Régimes autoritaires et (non) reconnaissance de droits, cette manifestation scientifique a réuni des spécialistes travaillant sur des thématiques communes, bien que représentatifs de disciplines nettement distinctes au premier abord, à savoir les langues vivantes étrangères et le droit. Les sujets abordés couvrent une large palette, allant du dessin satirique dans la représentation du conflit armé durant la Seconde Guerre mondiale à la Chine totalitaire de Mao, en passant par la question épineuse de la reconnaissance de la langue catalane ou encore l’Italie fasciste dans la littérature, les arts, et le cinéma. L’adéquation aux lignes de réflexions du CRINI apparaît avec évidence, puisque les participants à la Journée d’études ont interrogé des notions centrales au cœur des préoccupations des enseignants-chercheurs du CRINI.

Il y a été question de l’utilisation de l’image, satirique en particulier, dans les luttes idéologiques entre régime autoritaire et dissidence au cours de la période nationale-socialiste en Allemagne. En Italie, le fascisme mussolinien concomitant entrave la liberté des femmes, dont le statut juridique de l’époque trahit de la part du gouvernement une intention politique de les maintenir à la périphérie d’un ordre patriarcal, en dépit de quelques exceptions, dans une position subalterne, y compris dans le domaine de la création artistique. Le droit des femmes est, par ailleurs, examiné dans un autre contexte : celui du régime chinois maoïste. L’assujettissement de la femme chinoise à une autorité tripartite a eu des incidences sur la société actuelle, et l’héritage des mesures prises par le gouvernement de Mao demeure palpable. Au sein du monde paysan chinois, l’assise du pouvoir totalitaire de la République Populaire de Chine s’est traduite pas l’instauration de communes populaires à l’époque du Grand Bond en avant de 1958.

La prise en considération du catalan en tant que langue et culture à part entière, dont la légitimité a longtemps été contestée, s’articule autour de la notion clé d’autoritarisme, et en cela l’article consacré à une approche diachronique et synthétique du dialogue entre droit en langue en Catalogne s’inscrit parfaitement dans la tonalité générale de réflexions sur le sujet proposé par la Journée d’études. Enfin, venant compléter et répondre aux perspectives dégagées par ses collègues, l’un des auteurs a rappelé que le cinéma contribue à l’écriture de l’Histoire. Il porte un regard novateur sur l’Italie fasciste perçue par Fellini dans Amarcord, réalisé en 1973.

Sur les plans factuel, juridique, et artistique, l’autoritarisme reste un objet de réflexion donnant lieu à des conclusions, ou du moins des observations dont la richesse et la diversité ressortent comme évidentes à la lecture des actes de Régimes autoritaires et (non) reconnaissance de droits.

Salué pour la profondeur de l’analyse, nourrie, nuancée et documentée avec pertinence, le mémoire de Master 2 de l’étudiante angliciste Aurélie Bourg, intitulé Contemporary Queer Adaptations of Shakespeare Plays: the Cases of Romeo and Juliet and Hamlet, a toute sa place dans l’e-crini 10.

L’habituelle rubrique « Les membres du CRINI publient et communiquent » figure également dans ce numéro.

En vous souhaitant bonne lecture.
 

Agnès Blandeau, Maître de conférences en anglais à l'Université de Nantes.

SOMMAIRE


Journée d'étude

Mémoire de Master 2 Recherche « Langues, Littératures, Civilisations Étrangères et régionales (LLCEr) »